Le code des assurances joue cartes sur table : votre coefficient de bonus-malus se fige pendant deux ans si vous restez sans contrat actif. Au-delà, retour à la case départ, comme si ces années de conduite irréprochable n’avaient jamais existé. Aucune compagnie ne vous promettra de conserver le moindre bonus une fois ce délai dépassé, même sans un seul accrochage à votre actif.
Certains contournent la remise à zéro en souscrivant à un contrat temporaire ou en se glissant sur la liste des conducteurs secondaires. Mais ces astuces, loin d’être universelles, oscillent d’un assureur à l’autre, sans règle commune. Un arrêt imprévu peut suffire à effacer d’un coup les avantages durement acquis.
Comprendre le fonctionnement du bonus-malus auto
Le système de bonus-malus façonne depuis des années le prix de votre assurance auto. Son credo est limpide : récompenser les conducteurs prudents par une baisse de tarif, augmenter la facture après chaque accident responsable. Derrière ce mécanisme, baptisé coefficient de réduction-majoration, se cache un calcul renouvelé à chaque anniversaire de contrat.
Tout commence avec un coefficient bonus-malus fixé à 1,00. Douze mois sans incident responsable, et votre note descend de 5 %,c’est le fameux bonus auto. À l’inverse, chaque sinistre responsable déclenche une hausse de 25 %. Ce chiffre, plus qu’une statistique, détermine directement le montant de votre prime d’assurance. Les bons élèves paient moins, les mauvais élèves voient leur cotisation grimper.
Pour mieux cerner les bornes de ce système, voici les deux extrêmes :
- Bonus maximal : 0,50, à condition de rouler treize ans sans accident responsable
- Malus maximal : 3,50, en accumulant les sinistres
Le taux de réduction-majoration devient ainsi le reflet de la relation entre l’assuré et sa compagnie. Si la plupart des assureurs suivent cette logique, chacun garde la liberté d’ajuster ses tarifs à sa façon. Ce système bonus-malus concerne aussi bien les voitures particulières que certains utilitaires légers, selon les contrats. Les règles de calcul, imposées par le code des assurances, garantissent à chaque conducteur la possibilité de suivre l’évolution de son bonus auto ou de son malus auto année après année.
Interruption d’assurance : quelles conséquences sur votre bonus ?
Mettre son assurance auto en pause, même pour quelques mois, soulève une question immédiate : que devient votre bonus ? La réglementation prévoit que votre coefficient bonus-malus soit mis en réserve pendant une durée précise après la fin de votre contrat. Ce délai, fixé à deux ans, court à partir de la date de résiliation. Au-delà, le bonus interruption assurance s’efface, et tous les efforts passés partent en fumée.
Pendant ce laps de temps, le bonus sans assurance ne bouge pas d’un iota. Ni gain, ni perte,le compteur reste figé. Mais si vous dépassez la barre des vingt-quatre mois, retour à la case zéro lors de la prochaine souscription. Cette règle s’applique à toutes les compagnies, sans exception.
Interrompre son assurance auto, c’est donc suspendre le système bonus-malus. Une perte de bonus devient inévitable en cas d’absence prolongée de couverture. Lors de votre retour, les assureurs examinent votre passé à la loupe. Chaque détail compte pour le calcul de votre future prime d’assurance.
Pour plus de clarté, voici ce qu’il faut retenir :
- Le bonus se préserve jusqu’à deux ans sans contrat
- Dépassez ce délai et le coefficient repart de zéro
- Aucune évolution du bonus pendant la coupure
Peut-on réellement conserver son bonus sans être assuré ?
Suspendre son assurance, c’est accepter de voir son bonus s’envoler au bout de deux ans, même après une décennie sans accrochage. La règle ne fait pas de sentiment : le coefficient bonus-malus est gelé deux ans après la fin du contrat. Passé ce cap, le bonus sans assurance s’évapore, quels que soient vos antécédents. Vous repartez à zéro, comme au jour de votre première souscription.
Les compagnies consultent un fichier central, l’Agira, qui détaille le passé de chaque conducteur. Au moment d’un nouveau contrat, seul le dernier coefficient réduction-majoration enregistré fait foi. Aucun arrangement possible : tout est normé, partagé, suivi à l’échelle nationale.
Si vous n’avez plus de véhicule assuré (vente, séjour à l’étranger, pause dans la conduite), la situation est claire :
- Le bonus reste accessible deux ans, sans évolution.
- Après deux ans sans assurance, vous reprenez au coefficient de base.
Préserver son bonus sans être assuré est donc possible, mais seulement pour un temps limité. Les conducteurs occasionnels ou les collectionneurs sont particulièrement concernés : mieux vaut garder ce délai en tête pour conserver un avantage tarifaire lors du retour chez l’assureur. Chaque mois sans contrat rapproche du couperet.
Conseils pratiques pour préserver vos avantages et anticiper la reprise d’un contrat
Rater la date de résiliation peut coûter cher, surtout pour le bonus malus coefficient. Dès la fin du contrat, le compte à rebours commence : deux ans sans assurance auto et votre bonus s’efface. Pour limiter la casse, il est judicieux d’opter pour une assurance temporaire en cas d’arrêt prolongé. Même minimal, ce type de contrat permet de garder un pied chez l’assureur et de figer votre historique de réduction-majoration.
Anticipez la reprise d’un contrat. Rassemblez vos attestations de bonus auto et gardez une trace écrite de votre coefficient bonus-malus le jour de la résiliation. Certains assureurs transmettent ce document d’office, d’autres sur simple demande : un coup de fil suffit souvent. Lors de la souscription d’une nouvelle assurance auto, ce justificatif accélère le traitement de votre dossier, sans attendre la transmission automatique via l’Agira.
Les économies de courte durée peuvent coûter cher : une interruption trop longue, et c’est la reprise au coefficient de départ, accompagnée d’une prime d’assurance alourdie. Si votre interruption s’explique par un séjour à l’étranger ou une longue pause, pensez à renouer rapidement avec un contrat à votre retour, histoire de ne pas dépasser la période de conservation du bonus.
Voici quelques réflexes à adopter pour éviter les mauvaises surprises :
- Conservez précieusement tous vos relevés d’informations
- Sollicitez votre assureur pour explorer les options provisoires
- Gardez à l’esprit que toute période blanche supérieure à deux ans efface votre bonus
L’expérience le confirme : entretenir un dialogue régulier avec votre assureur reste la meilleure parade. Certains proposent des offres sur-mesure pour fidéliser, comme l’assurance au kilomètre ou la formule garage, idéales pour préserver son bonus même sans rouler. À chacun d’anticiper, car dans la bataille du bonus-malus, le temps ne fait jamais de cadeau.


